Le taux d’une assurance vie n’est pas un chiffre unique. Il y a une moyenne de marché, publiée par l’autorité de contrôle. Il y a le taux servi sur votre contrat, qui peut s’en écarter nettement. Et il y a le gain qui reste une fois les prélèvements sociaux, l’impôt et l’inflation déduits. Ce guide suit ce chemin étape par étape, avec les seuls chiffres officiels disponibles au 29 septembre 2026. Il ne classe aucun contrat et ne recommande aucun établissement.
Quel est le taux moyen de l’assurance vie aujourd’hui ?
Ce sujet s’inscrit dans notre guide de reference : Livret d’épargne populaire : taux, plafond et conditions.
Au titre de l’année 2025, les supports en euros des contrats individuels ont été revalorisés en moyenne de 2,63 % (ACPR, 2026). Ce taux est net des frais prélevés sur l’encours et s’entend avant prélèvements sociaux. Il est identique à celui de 2024, selon la même publication de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (Analyses et synthèses n° 180, 30 juin 2026).
Plusieurs chiffres circulent pourtant pour la même année. Le taux de 2,65 % (ACPR, 2026) correspond à l’estimation préliminaire publiée par l’ACPR en mars 2026, dans son n° 179. Elle a été remplacée en juin par le chiffre définitif. France Assureurs, la fédération professionnelle, avait de son côté communiqué des données provisoires en janvier. Une page qui cite encore l’estimation de mars n’est pas fausse sur le fond, mais elle n’est plus à jour.
Le calendrier explique ces décalages. Le taux d’une année est crédité sur les contrats au début de l’année suivante : le taux 2025 a été versé début 2026. Le taux 2026 ne sera donc connu qu’au début de 2027, et tout chiffre « 2026 » avancé aujourd’hui relève de la prévision, pas de la statistique.
Les contrats collectifs à dominante retraite suivent une trajectoire un peu différente : 2,64 % en moyenne, en hausse de 11 points de base sur un an (ACPR, 2026).
De quel taux parle-t-on : fonds en euros, unités de compte, eurocroissance
Quand on parle du « taux » d’une assurance vie, on désigne presque toujours le taux servi sur le fonds en euros. C’est le seul support qui affiche un rendement annuel fixé par l’assureur. Le capital y est garanti : l’assureur doit rembourser le capital versé, mais dans certains contrats cette garantie s’entend hors frais de gestion, précise l’Autorité des marchés financiers.
Les unités de compte (UC) n’ont pas de taux. Leur valeur suit celle des actifs sous-jacents, actions, obligations, immobilier, et le capital n’est pas garanti, rappellent l’AMF et la fiche service-public F15274. France Assureurs indique une performance globale des supports en UC de +5,5 % en 2025 (France Assureurs, 2026). C’est une donnée de marché passée, calculée sur l’ensemble des supports : elle ne dit rien de l’année suivante ni du résultat d’un contrat particulier.
Entre les deux, l’eurocroissance garantit le capital en totalité ou à hauteur de 80 % (Service-public, 2026), à condition de le conserver au moins 8 ans (Service-public, 2026). Avant ce terme, la garantie ne joue pas.

Comment l’assureur fixe le taux servi chaque année
Le fonds en euros est investi majoritairement en obligations. Le rendement de ces actifs constitue la matière première du taux servi. L’assureur n’est toutefois pas tenu de tout redistribuer immédiatement : il peut mettre une partie des bénéfices en réserve dans la provision pour participation aux bénéfices (PPB), qu’il doit ensuite reverser aux assurés dans un délai encadré. Cette réserve sert d’amortisseur les années moins favorables.
Fin 2025, la PPB représentait 4,0 % des provisions, contre 4,3 % fin 2024 (ACPR, 2026). La baisse signifie que les assureurs ont, en moyenne, puisé dans ces réserves pour soutenir le taux servi. Le niveau de PPB d’un assureur est donc un indicateur utile de sa marge de manœuvre future, sans constituer une promesse.
Le taux garanti contractuellement, lui, est plafonné par le Code des assurances. Les tarifs doivent être établis d’après un taux au plus égal à 75 % (Légifrance, 2017) du taux moyen des emprunts de l’État français sur base semestrielle. Au-delà de 8 ans (Légifrance, 2017), ce taux ne peut dépasser le plus bas des deux montants suivants : 3,5 % (Légifrance, 2017) ou 60 % (Légifrance, 2017) de ce taux moyen (article A132-1, en vigueur depuis le 7 septembre 2017). Un « taux minimum garanti » ne peut donc pas être fixé librement : la réglementation l’empêche de s’éloigner du rendement des emprunts d’État.
Résultat : le taux technique moyen des contrats individuels n’était que de 0,32 % en 2025, contre 0,35 % en 2024 (ACPR, 2026). L’écart avec le taux servi s’explique simplement : le taux technique est le minimum auquel l’assureur s’engage d’avance, tandis que l’essentiel du rendement provient de la participation aux bénéfices, décidée chaque année en fonction des résultats financiers.
Taux affiché, taux bonifié : pourquoi deux épargnants n’ont pas le même rendement
La moyenne de l’ACPR masque une forte dispersion. Selon l’autorité, le taux varie d’un groupe de contrats à l’autre, et même d’un assuré à l’autre au sein d’un même contrat, en fonction des offres commerciales et des bonifications liées à la part d’unités de compte. L’écart ainsi créé atteint au moins 0,4 point (ACPR, 2026) autour de la moyenne.
Un taux bonifié n’est donc pas le taux du contrat. Il est en général soumis à des conditions : détenir une proportion minimale d’unités de compte, verser un montant donné, souscrire pendant une période précise. Il peut être temporaire, limité à une ou deux années, et ne s’appliquer qu’aux nouveaux versements plutôt qu’à l’ensemble de l’encours. Comparer un taux bonifié à une moyenne de marché revient à comparer deux objets différents.
Les frais entrent aussi en ligne de compte. Le chargement de gestion moyen s’élevait à 0,63 % en 2025, contre 0,62 % en 2024 (ACPR, 2026). Le taux moyen publié par l’ACPR est déjà net de ces frais sur encours : il ne faut pas les retrancher une seconde fois. Les frais sur versements, en revanche, ne sont pas inclus dans ce taux et réduisent le capital effectivement investi.
Du taux brut au gain réel : prélèvements sociaux, impôt et inflation
Les produits d’assurance vie supportent des prélèvements sociaux de 17,2 % (Service-public, 2026). Ce taux est resté inchangé en 2026, alors que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur la plupart des revenus du patrimoine et produits de placement à 10,6 % (Légifrance, 2026), portant le total à 18,6 % (Légifrance, 2026) pour ces revenus. Par dérogation, l’article L136-8, IV, 4° du Code de la sécurité sociale maintient la CSG à 9,2 % (Légifrance, 2026) pour les produits visés au 3° du II de l’article L136-7, dont relève l’assurance vie. Les pages qui appliquent le nouveau taux global à l’assurance vie se trompent.
L’impôt sur le revenu, lui, n’est dû qu’au moment d’un rachat, et seulement sur la part de gains contenue dans la somme retirée. Pour les contrats souscrits depuis le 26 septembre 1997, la fiche service-public F22414 distingue deux situations :
- avant 8 ans (Service-public, 2026) : prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % (Service-public, 2026) ;
- après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € (Service-public, 2026) pour une personne seule ou 9 200 € (Service-public, 2026) pour un couple, puis 7,5 % (Service-public, 2026) jusqu’à 150 000 € (Service-public, 2026) de primes versées et 12,8 % (Service-public, 2026) au-delà.
Reste l’inflation. Voici le calcul, appliqué à la moyenne et non à un contrat particulier. Un taux de 2,63 % (ACPR, 2026) diminué des prélèvements sociaux de 17,2 % (Service-public, 2026) donne environ 2,18 % (calcul sur données ACPR, 2026). L’inflation moyenne a été de +0,9 % en 2025 (INSEE, 2026), après +2,0 % en 2024 (INSEE, 2026). En 2025, le rendement moyen après prélèvements sociaux a donc dépassé la hausse des prix d’environ 1,3 point (calcul sur données ACPR et INSEE, 2026), avant tout impôt sur le revenu éventuel. Ce résultat dépend de l’année : en 2022, l’inflation avait atteint +5,2 % (INSEE, 2026).

Assurance vie ou Livret A : une comparaison honnête
Le Livret A rapporte 1,7 % depuis le 1er août 2026 (Ministère de l’Économie, 2026), contre 1,5 % du 1er février au 31 juillet 2026 (Ministère de l’Économie, 2026). Le même communiqué maintient le LEP à 2,5 % (Ministère de l’Économie, 2026). Ce taux est net : les intérêts du Livret A ne supportent ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux. Des pages encore en ligne affichent un Livret A à d’autres niveaux ; la seule référence est le taux en vigueur, fixé par arrêté sur proposition du gouverneur de la Banque de France.
Les deux produits ne répondent pas au même besoin. Le Livret A est une épargne disponible à tout moment, plafonnée, dont le taux est fixé par les pouvoirs publics. L’assurance vie est conçue pour un horizon long : son cadre fiscal ne devient plus favorable qu’au-delà de 8 ans, et son rendement dépend des supports choisis et des décisions annuelles de l’assureur. Mettre leurs taux côte à côte sans ces nuances n’a pas grand sens.
| Critère | Fonds en euros (assurance vie) | Livret A |
|---|---|---|
| Taux de référence | 2,63 % en moyenne pour 2025, net de frais, avant prélèvements sociaux | 1,7 % depuis le 1er août 2026, net |
| Fiscalité | Prélèvements sociaux de 17,2 % ; impôt au rachat selon la durée du contrat | Exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux |
| Plafond | Pas de plafond de versement | Plafond de dépôt réglementaire |
| Disponibilité | Rachat possible, fiscalité plus favorable après 8 ans | Retrait à tout moment |
| Capital | Garanti, parfois hors frais de gestion | Taux et conditions fixés par les pouvoirs publics |
| Évolution du taux | Fixé chaque année par l’assureur, connu a posteriori | Révisé par les pouvoirs publics, connu à l’avance |
Comment connaître le taux exact de votre contrat
La moyenne ne dit rien de votre contrat. Deux documents le font. D’abord, l’assureur doit communiquer chaque année au souscripteur la valeur de rachat de son contrat : c’est le relevé annuel d’information prévu par l’article L132-22 du Code des assurances et rappelé par la fiche F15274. Il indique le taux effectivement servi sur le fonds en euros.
Ensuite, depuis la loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 (version de l’article en vigueur depuis le 24 octobre 2024), chaque assureur doit publier chaque année sur son site internet, pour chacun de ses contrats :
- le rendement garanti moyen ;
- le taux moyen des frais ;
- le rendement net moyen servi ;
- le taux des taxes et prélèvements sociaux ;
- le taux moyen de participation aux bénéfices ;
- l’éligibilité du contrat aux affaires nouvelles, c’est-à-dire s’il est encore commercialisé.
Cette publication, souvent ignorée, est l’outil le plus direct pour situer un contrat par rapport à la moyenne de l’ACPR. Avant de lire un taux, quatre questions permettent d’éviter les contresens :
- le taux est-il net des frais de gestion, comme la moyenne de l’ACPR ?
- inclut-il un bonus conditionnel, et à quelles conditions ?
- s’applique-t-il à tout l’encours ou seulement aux nouveaux versements ?
- le contrat est-il encore commercialisé, ou s’agit-il d’un contrat fermé dont le taux peut différer ?
Ce que dit la réglementation
- Code des assurances, article L132-22 : information annuelle du souscripteur et publication des rendements par contrat (version en vigueur depuis le 24 octobre 2024).
- Code des assurances, article A132-1 : plafonnement du taux garanti (version en vigueur depuis le 7 septembre 2017).
- Code de la sécurité sociale, article L136-8 : taux de CSG sur les revenus du patrimoine et dérogation applicable à l’assurance vie (rédaction issue de la LFSS 2026).
- Fiscalité des rachats d’assurance vie : règles applicables aux contrats souscrits depuis le 26 septembre 1997.
- Communiqué du ministère de l’Économie du 15 juillet 2026 : taux du Livret A et du LEP applicables au 1er août 2026.
Les données de marché citées proviennent de l’ACPR, de l’INSEE et de France Assureurs, à la date indiquée pour chacune. Ces règles et ces taux peuvent évoluer : vérifiez-les auprès de votre assureur ou de votre banque, ou directement dans la source citée, avant toute décision.
Sources
- ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) — Taux de revalorisation moyen des supports euros des contrats individuels : 2,63 % en 2025 comme en 2024, nets de prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux. Contrats collectifs : 2,64 % (+11 points de base). Écart dû aux offres commerciales et aux bonifications d’au moins 0,4 point. Provision pour participation aux bénéfices à 4,0 % fin 2025 (4,3 % fin 2024). Taux technique moyen de 0,32 % (0,35 % en 2024). Chargement de gestion moyen de 0,63 % (0,62 % en 2024). Encours des supports euros individuels : 1 207 Md€ fin 2025. (Publication le 30/06/2026 (page mise à jour le 24/09/2026). Les taux portent sur l’exercice 2025 et ont été crédités début 2026.)
- ACPR — Estimation préliminaire du taux moyen des supports euros 2025 : 2,65 %, nets de prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux. Collecte nette de l’assurance vie hors épargne retraite : +44 Md€ en 2025. Rappel du Livret A : passé de 2,4 % à 1,7 % en août 2025, puis à 1,5 % en février 2026. (26/03/2026 (estimation remplacée par le chiffre définitif de 2,63 % publié dans le n° 180 le 30/06/2026))
- Légifrance — Code des assurances, article L132-22 — L’assureur communique chaque année au souscripteur la valeur de rachat. Il publie aussi chaque année sur son site internet, pour chacun de ses contrats, le rendement garanti moyen, le taux moyen des frais, le rendement net moyen servi, le taux des taxes et prélèvements sociaux, le taux moyen de participation aux bénéfices et l’éligibilité du contrat aux affaires nouvelles. (Version en vigueur depuis le 24/10/2024, modifiée par la loi n° 2023-973 du 23/10/2023 (art. 35))
- Légifrance — Code de la sécurité sociale, article L136-8 — La CSG sur les revenus du patrimoine et les produits de placement est portée à 10,6 % (I, 2°). Par dérogation, les produits mentionnés au 3° du II de l’article L136-7, c’est-à-dire les produits d’assurance vie, restent à 9,2 % (IV, 4°). Le taux global des prélèvements sociaux sur l’assurance vie reste donc à 17,2 %, contre 18,6 % pour les revenus concernés par la hausse. À vérifier sur L136-7, II, 3° avant publication : correspondance exacte du 3° avec les produits d’assurance vie. (Rédaction issue de la LFSS 2026, applicable depuis le 01/01/2026 selon les commentaires. Versions Légifrance : en vigueur du 31/12/2025 au 27/06/2026, puis version actuelle en vigueur depuis le 27/06/2026. Ancienne valeur : CSG à 9,2 % sur tous ces revenus (prélèvements sociaux à 17,2 %).)
- Légifrance — Code des assurances, article A132-1 — Les tarifs des contrats d’assurance vie sont établis d’après un taux au plus égal à 75 % du taux moyen des emprunts de l’État français sur base semestrielle. Au-delà de 8 ans, ce taux ne peut dépasser le plus bas de 3,5 % ou 60 % de ce taux moyen. Le taux garanti est donc plafonné par la réglementation. (Version en vigueur depuis le 07/09/2017)
- Service-public.gouv.fr (DILA) — Le taux de rémunération dépend des supports choisis (fonds euros, unités de compte, eurocroissance). Le fonds euros offre une garantie en capital. Les UC comportent un risque de perte en capital. L’eurocroissance garantit le capital, en totalité ou à 80 %, s’il est détenu au moins 8 ans. L’assureur informe chaque année de la valeur de rachat. (Fiche mise à jour le 25/09/2026)
- Service-public.gouv.fr (DILA) — Produits d’assurance vie soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour les contrats souscrits depuis le 26/09/1997 : prélèvement non libératoire de 12,8 % avant 8 ans. Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple), puis 7,5 % jusqu’à 150 000 € de primes et 12,8 % au-delà. (Page mise à jour le 15/04/2026 (règles PFU applicables aux primes versées depuis le 27/09/2017))
- Ministère de l’Économie et des Finances (communiqué n° 903) — Sur proposition du gouverneur de la Banque de France, le taux du Livret A passe à 1,7 % et le LEP reste à 2,5 %. Ancienne valeur du Livret A : 1,5 % du 01/02/2026 au 31/07/2026 (confirmée par service-public, actualité A18000). (Communiqué du 15/07/2026 ; entrée en vigueur le 01/08/2026)
- INSEE — Informations rapides n° 8 — Inflation en moyenne annuelle de +0,9 % en 2025, après +2,0 % en 2024, +4,9 % en 2023 et +5,2 % en 2022. IPCH : +0,9 % en 2025. (Publication le 15/01/2026 (données de l’année 2025))
- AMF (Autorité des marchés financiers) — Le capital investi sur un support en euros est garanti : l’assureur doit rembourser à l’échéance le capital versé, mais dans certains contrats hors frais de gestion. Sur les supports en unités de compte, le capital n’est pas garanti. (Page du 06/04/2022 (règle de fond inchangée à la date de consultation, 29/09/2026))
- France Assureurs (fédération professionnelle, ne vend pas de contrat) — Cotisations d’assurance vie de 192,1 Md€ en 2025 (+17,1 Md€ sur un an). Collecte nette de +50,6 Md€. Collecte nette sur les fonds euros redevenue positive après 5 années de décollecte. Encours supérieur à 2 000 Md€. Selon la page UC de la fédération, performance globale des supports en UC de +5,5 % en 2025. (Communiqué du 27/01/2026 (données de l’année 2025, provisoires))
